Partie de poker menteur entre les secteurs pétrolier et bancaire américains

Partie de poker menteur entre les secteurs pétrolier et bancaire américains

Posted by Serrai Invest Capital Ltd ( Media Team) 

Jusqu’à quand va se prolonger la partie de poker menteur qui se joue aux Etats-Unis entre les secteurs pétrolier et bancaire ? Alors que le second a prêté sans compter au premier aux belles heures du boom du pétrole de schiste, l’effondrement des cours du baril a instauré un équilibre instable qui risque à tout moment de se rompre, entraînant des faillites pour les producteurs et de lourdes pertes pour les prêteurs.

petrole

Malgré un rebond de 4,2 % à 29,53 dollars, jeudi 21 janvier à New York, le pétrole a perdu les trois quarts de sa valeur depuis la mi-2014. Aussi, pour les experts, la question de ces défaillances en cascade n’est pas de savoir si elle se produira, mais quand elle interviendra. « La moitié des producteurs actuels n’a aucune légitimité à rester dans cette activité, a expliqué Fadel Gheit, analyste chez Oppenheimer & Co, sur la chaîne CNBC. Même en cas de reprise, les cours se situeraient entre 50 et 60 dollars, alors qu’ils ont besoin d’un baril à 70 dollars. »

Un tiers des entreprises américaines du secteur pourraient faire faillite dans les dix-huit mois, prévient le cabinet Wolfe Research, dans une étude récente. En 2015, plus d’une trentaine de petites compagnies se sont déjà placées sous la protection de la loi sur les faillites. Un défaut qui représente un total de plus de 13 milliards de dollars (12 milliards d’euros).

Fuite en avant

Beaucoup de petites entreprises ne peuvent plus se financer sur les marchés obligataires. Dès lors, elles ont deux options : émettre des actions et diluer leurs actionnaires ou bien continuer à produire au maximum en faisant rentrer le plus longtemps possible du cash pour payer leurs dettes. Une fuite en avant qui, évidemment n’aura qu’un temps.

Selon un rapport du cabinet AlixPartners, l’ensemble des producteurs américains perdent environ 2 milliards de dollars par semaine. Et la fuite n’est pas près de se colmater. La plupart des grandes banques de Wall Street sont désormais sur des scénarios d’un baril autour de 20 dollars. Ce pessimisme s’explique à la fois par la faiblesse de la demande mondiale, provoquée notamment par le ralentissement de l’économie chinoise, et par le fait que, pour le moment, aucun des grands pays producteurs de pétrole ne veut lever le pied sur ses capacités d’extraction.

Schlumberger, qui a vu son activité chuter de 40 % aux Etats-Unis en 2015, va éliminer 10 000 emplois

Pour Martijn Rats, analyste chez Morgan Stanley, la situation est « pire qu’en 1986 », date du dernier effondrement des prix du pétrole. A l’époque un quart des producteurs américains avaient disparu.

Dans ce marasme, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les majors comme Exxon ou Chevron restent très solides financièrement. Leur premier réflexe a été de réduire la voilure dans leurs investissements. Le groupe de services à l’industrie pétrolière Schlumberger, qui a vu son activité chuter de 40 % aux Etats-Unis en 2015, va éliminer 10 000 emplois, qui s’ajoutent aux 20 000 déjà supprimés l’an dernier.

Parallèlement d’autres ont commencé à réévaluer leur bilan comptable face à la violence de la bourrasque. Il y a quelques jours, la compagnie australienne BHP Billiton a ainsi déprécié de 7,2 milliards de dollars la valeur de ses actifs dans le gaz et le pétrole de schiste aux Etats-Unis. Le groupe estime que dans cette zone il ne commence à dégager des flux de trésorerie positifs qu’à partir de 60 dollars le baril.

Rééquilibrage dans la douleur

« Le test sera de voir quand ces majors vont commencer à diminuer les dividendes versés aux actionnaires. Mais elles devraient profiter de ce qui est en train de se passer dans la mesure où beaucoup d’acteurs vont disparaître », estime Gregori Volokhine, président de Meeschaert Capital Markets, à New York. Asphyxiés par une dette qu’ils ne peuvent plus rembourser, ces petits acteurs vont être rapidement dans l’incapacité d’investir pour forer de nouveaux puits. Or, les gisements de pétrole de schiste ont une durée de vie relativement courte par rapport aux gisements traditionnels. Faute de moyens financiers, l’extraction va donc mécaniquement chuter et les majors mettront la main à vil prix sur les plus faibles.

Ce mouvement, s’il est nécessaire dans une perspective de rééquilibrage entre l’offre et la demande, risque toutefois de se faire dans la douleur. D’abord, le secteur a déjà perdu sur les douze derniers mois plus de 100 000 emplois et le nombre de puits en service a diminué de 60 %. Sans doute un début. La question est maintenant de savoir quel sera l’impact financier de ces défaillances sur l’ensemble de l’économie. L’ensemble de la dette accumulée par les compagnies pétrolières aux Etats-Unis et au Canada s’élevait en 2015 à 353 milliards de dollars, selon AlixPartners.

Standard & Poor’s a déjà classé les trois quarts des entreprises du secteur dans la catégorie « placement à haut risque ».

Jusqu’ici, les grandes banques américaines assurent que la situation est sous contrôle. Les provisions pour faire face aux défaillances restent relativement basses par rapport à leurs engagements. Elles s’élèvent à 214 millions pour Wells Fargo (pour des prêts au secteur pétrolier d’un montant total de 17 milliards), Bank of America affirme que son exposition à ce risque ne représente que 2 % de ses encours. Même discours chez Citigroup ou JPMorgan, qui ont respectivement prêté 20 et 13 milliards aux compagnies pétrolières américaines. « On peut se demander si les banques disent la vérité car quand on regarde les chiffres on a du mal à y croire », estime toutefois M. Volokhine.

L’agence de notation financière Standard & Poor’s a déjà classé les trois quarts des entreprises du secteur dans la catégorie « junk » (placement à haut risque). Pour M. Volokhine, il y a deux hypothèses. Soit les banques ont très bien reconditionné ces prêts en titrisant les risques comme elles l’ont fait pour les Subprimes. Soit elles estiment qu’il vaut mieux tenir à bout de bras leurs créanciers le plus longtemps possible pour qu’ils continuent à payer leurs dettes plutôt que d’essuyer des pertes sèches immédiates. Jusqu’au moment où chacun devra abattre ses cartes. « On ne parlera plus alors en millions, mais en milliards de pertes 

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