550 Millions d’Euros de moins- Un positif deal de Merkel avec Lemberkel

 

 

German Chancellor Angela Merkel meets Algerian President Abdelaziz Bouteflika in Algier, Algeria September 17, 2018.   Bundesregierung/Steffen Kugler/Handout via REUTERS

German Chancellor Angela Merkel meets Algerian President Abdelaziz Bouteflika in Algier, Algeria September 17, 2018. Bundesregierung/Steffen Kugler/Handout via REUTERS

Berlin, de son côté,  a été aussi très claire, presque brutale, en refusant désormais d’accueillir les migrants illégaux algériens et en affirmant que l’Allemagne accueille exclusivement des ressortissants irakiens et syriens en raison de la situation sécuritaire et humanitaire qui prévaut dans leurs pays respectifs. Ahmed Ouyahia a fait savoir, au sujet des 3700 migrants algériens établis en Allemagne et des délais de leur rapatriement, que l’Algérie s’appuiera sur le fichier national d’état-civil et les empreintes génétiques pour parvenir à identifier les migrants clandestins, ajoutant que plus de 700 décisions de rapatriement ont été établies par les services consulaires.  Concernant les délais de rapatriement, l’Algérie a refusé l’usage de vols «charter» pour le rapatriement des personnes indésirables en Allemagne et a fait savoir qu’Air Algérie se chargera de les rapatrier, tout en affirmant que celle-ci assure six vols par semaine vers l’Allemagne et qu’elle ne sera pas en mesure de prendre en charge plus de cinq personnes par vol.

Ainsi, la chancelière Allemande, Angela Merkel, a réussi à obtenir officiellement l’accord du gouvernement algérien pour le rapatriement des Algériens vivant en situation irrégulière dans son pays, après une longue bataille autour d’un dossier qui a envenimé les relations entre les deux pays pendant de longues années.

«Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants (en situation irrégulière en Allemagne), qu’il s’agit de 3.000 ou de 5.000 citoyens, tout en respectant un certain nombre de règles sur lesquelles on est en parfait accord avec les autorités allemandes», a affirmé Ahmed Ouyahia lors d’une conférence de presse conjointe tenue récemment à Alger, avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il affirme, dans ce sens, que les autorités ont déjà préparé «700 laissez-passer qui attendent les concernés au niveau des consulats». Pour rappel 40 000 ressortissants algériens vivent en situation régulière en Allemagne. L’Algérie et l’Allemagne ont signé, en 1997, un accord de réadmission de ressortissants en situation irrégulière. Au sujet de migrants clandestins, il y aurait environ 3700 Algériens en Allemagne. Angela Merkel indique que l’Algérie est coopérative sur la question. L’accord conclu récemment commence déjà à donner ses fruits. Les opérations d’expulsion se multiplient. 

Les organisations des droits de l’homme qualifient cette situation de discrimination.  Il faut rappeler que c’est l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal qui a donné des garanties à la partie allemande pour allègement de la procédure d’accueil des rapatriés algériens. En contrepartie, l’Allemagne a inclus  l’Algérie dans sa liste de pays dits «sûrs», donnant au régime algérien un tant soit peu de crédit.

Atteinte aux droits de l’homme

La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) et ses homologues allemands ont qualifié la décision prise par le gouvernement algérien de «scandaleuse et discriminatoire». Il convient de noter que les autorités allemandes ont également signé des accords avec les autorités tunisiennes et marocaines pour la facilitation du processus de rapatriement. Cependant, les accords conclus avec ces deux autres pays maghrébins, ont prévu l’ouverture de bureaux d’accompagnement pour les demandeurs d’asile une fois rentré chez eux. Pour le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, il était primordial de financer ces personnes rapatriées pour qu’elles puissent s’épanouir chez elles. La question qui se pose est pourquoi les Algériens en situation illégale en Allemagne ne bénéficient-ils pas des mêmes conditions de retour que leurs homologues Marocains et Tunisiens. Par ailleurs, comment est-on arrivé à voir l’Algérie sacrifier ses enfants qui ont donné pour nombre d’entre eux plusieurs dizaines d’années de labeur à l’Allemagne et dont le seul tort est de ne pas avoir bénéficié du fameux sésame pour vivre tranquillement comme les 40 000 autres concitoyens en situation régulière.

Indemnité au retour

Les Algériens en situation irrégulière en Allemagne sont nombreux à exercer des métiers nobles et apportent une plus-value à l’économie allemande. Ils méritent de ce fait plus d’égard dans le sens où, à l’exception de ceux qui vivent en marge de la société, tous ont le droit au libre arbitre. Cela veut dire que les autorités allemandes devaient au préalable faire choisir les Algériens entre la régularisation pour services rendus à la société allemande ou bien le rapatriement moyennant une prise en charge financière et un suivi dans le processus de redéploiement en Algérie. C’est le cas pour les Marocains et les Tunisiens et pas pour les Algériens. Les Algériens n’ont-ils pas bénéficié d’une meilleure négociation avec les autorités allemandes au sujet de leur rapatriement ? Une indemnité au retour est-elle si difficile à arracher pour les autorités algériennes ? 

A moins que ces questions ne soient réellement prises en charge dans l’accord signé entre les deux gouvernements. Auquel cas, l’opinion publique est en droit de savoir. En outre, les pouvoirs publics disposent-ils de moyens humains et matériels adéquats pour accueillir et prendre en charge les desiderata de cette catégorie particulière d’Algériens ? Rien n’est moins sûr d’autant que le nombre de concitoyens concernés, quelque 3700 selon les statistiques disponibles, nécessite une réelle logistique. 

Du coup, il est légitime de se demander si beaucoup d’entre eux ne seraient pas tentés de retourner illégalement en Allemagne une fois confrontés à la dure réalité algérienne et avec laquelle ils ont perdu toute attache. Partant de là, les autorités européennes iraient-elles jusqu’à leur interdire le visa Schengen, sachant qu’elles n’ont pas le droit de le faire en dehors des cas avérés de liens avec le terrorisme ou le crime organisé. La question du rapatriement des centaines d’Algériens établis illégalement en Allemagne reste entièrement posée dans l’attente d’avoir des éléments d’appréciation physiques et palpables sur les conditions de ce rapatriement, loin des aspects somme toute formels du transport et de la logistique.

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